Catégorie : Environnement

Le kilimandjaro ou comment Charly organise des aventures extraordinaires avec Sun Chasers

Le confinement dû au Coronavirus Covid-19 (pas le virus lui-même évidemment) a aussi du bon. Il (sur)développe par exemple la créativité de beaucoup, à distance. C’est comme ça que j’ai pu faire la connaissance de Charly, alias Charlotte, le vendredi 3 avril 2020 sur les réseaux sociaux.

Plus exactement grâce au Live Instagram « Café au Leeb » spécial confinement (du lundi au vendredi à 11h du matin) organisé par le chanteur, compositeur et acteur Tom Leeb. Il a suffit que Charly, fondatrice de Sun Chasers, parle de sa passion une minute pour me donner envie de l’appeler. Nous voilà parties, loin de notre maison, à travers une passionnante conversation sur ses pas et ceux de ses coéquipières au Kilimandjaro, le sommet le plus haut d’Afrique avec ses 5890 mètres d’altitude en 2019… Vous pourrez également découvrir son documentaire.

Le goût du défi, du risque et de la nature

Treizhebdo (TH) : Comment t’est venue l’idée de créer des aventures extraordinaires ?

Charly : Sun Chasers est né en mars 2018 quand on s’est lancés avec une équipe un challenge fou, faire la course « The Speed Project 4.0 » et la gagner. L’objectif : relier Los Angeles à Las Vegas, soit 540 km, en un temps record accompagné de notre van, en courant et en se relayant mais sans plus de règles que cela. Ainsi, après 35h et 49 minutes de course en plein désert, de soleil, de nuit fraîche, d’épuisement et de crampes nous avons remporté la victoire et un nouveau record ! Nous étions la seule équipe française, constituée de six coureurs, deux femmes et quatre hommes. Et il y a eu cette impression pendant cette course de courir après le soleil, Sun Chasers (chasseurs de soleil) est venu de soi. Petit documentaire que vous pouvez voir sur notre site de 17 minutes.

TH : la deuxième aventure c’était le Kilimandjaro donc…

Charly : autre terrain, autre défi : aller à la conquête la montagne. Ce projet a été plus long à mettre en place. Pour réaliser cette ascension du Kili (Kilimandjaro), il m’a fallu un an pour tout organiser, trouver des sponsors et environ quatre mois pour nous préparer physiquement : musculation, effectuer les examens de santé nécessaires, quelques jours à Chamonix pour s’entraîner, de la stimulation d’altitude dans des capsules etc… J’ai constitué une équipe de six femmes au départ : Laura, Sarah, Typh, Soukaina, Marine et moi. Malheureusement Marine n’a pas pu venir avec nous après des examens médicaux approfondis.

Charly, Laura, Sarah, Typh, Soukaina et Marine lors d’une séance d’entraînement à Paris avant le Kilimandjaro. Crédit : Sun Chasers

Aucune de nous n’avait réalisé l’ascension d’un sommet avant. Et ce qui m’a plu dans le Kilimandjaro, c’est que bien qu’assez haut avec ses 5890 mètres (à titre de comparaison le Mont Blanc fait 4810 mètres), il est accessible à tous avec de l’entraînement, ce n’est pas technique. Le cadre aussi est idyllique : la Tanzanie, la forêt tropicale, des paysages incroyables…

TH : quel a été votre plus gros défi sur le Kilimandjaro ?

Charly : Pour moi, le plus gros challenge fut le côté humain. Il faut savoir que pendant ces huit jours consacrés au Kili (mais vous avez l’impression que c’est plutôt un mois), nous étions avec des gens d’une autre culture (qui ont été absolument incroyables et adorables, on ne les oubliera jamais je pense. Sans eux, nous n’aurions jamais pu monter jusqu’en haut…), nous ne pouvions pas prendre de douche et avions une bassine pour nous laver. Il aussi fallu composer avec nos cinq personnalités, s’adapter à en environnement différent et sortir complètement de notre zone de confort.

Les ressentis ont été différents pour chacune d’entre nous bien sûr… Notamment pour Sarah. A la dernière ascension, il y a eu une sacrée tempête, nous étions à bout de force et elle particulièrement (vous pouvez regarder le documentaire ci-dessous). La descente semble aussi particulièrement longue après, ce sont plusieurs heures qui s’enchaînent sans pouvoir dormir ou se poser pour manger, d’ailleurs nous n’avons pas capté d’images à ce moment-là pour être en bas le plus vite possible.

Pour faire le Kili il faut se préparer mentalement, et c’est peut-être ce qui nous a manqué. On ne s’attendait pas à faire face à autant de problématiques, surtout par rapport la gestion de la fatigue de notre corps. Mais nous y sommes arrivées et parvenir à un tel dépassement de soi, c’est une sacrée fierté, un accomplissement personnel.

Découvrez l’aventure du Kilimandjaro dans le documentaire (25 minutes) réalisé par Sun Chasers :

TH : Dans le documentaire sur le Kilimandjaro, tu parles de la recherche du bonheur, l’envie d’être heureux, pourquoi ?

Charly : si je me suis mise à proposer ces aventures c’est parce que j’ai l’impression qu’on essaye d’apporter un sens à notre vie. On se demande pourquoi on est là, ce qu’on fait là et ce qu’on pourrait faire pour être heureux. C’est aussi pour cette raison que la question de l’environnement tient une place importante ici. Notre génération et celles qui arrivent qui arrivent sont très préoccupées par l’état actuel de la planète…Que ce soit au Kilimandjaro ou pour un autre challenge, j’espère que les gens qui choisissent de faire une aventure comme ça puissent avoir un petit déclic dans leur vie, pour mieux vivre ensuite et profiter de la vie.

TH : Quelle est la prochaine aventure extraordinaire prévue ?

Charly : après le désert (la course Los Angeles-Las Vegas), la montagne (avec le Kili), la troisième aventure sera celle d’un autre environnement : l’océan. J’aimerais vraiment creuser la problématique de la pollution aquatique, de la disparition de certaines espèces marines… Je devais d’ailleurs partir mi-mars à l’autre bout du monde afin de préparer tout cela mais malheureusement le temps s’est arrêté avec le confinement et il faut tout reporter.

TH : Comment vis-tu le confinement d’ailleurs ?

Charly dans la forêt tropicale
Charly, dans la forêt tropicale en Tanzanie

Charly : je respecte le confinement depuis le début, à Paris, dans mon appartement. Ce temps à la maison ne me dérange pas plus que ça, il me permet de faire plein de choses, de travailler (je suis coach de marques), j’essaye de faire du sport tous les jours à l’intérieur, j’appelle mes proches et je parle à des gens sur les réseaux sociaux. En fait, ce qui a été un gros coup dur psychologiquement c’est le report de ce voyage dont je parle juste avant. J’allais rendre mon appartement, je me préparais à une nouvelle vie à l’étranger pendant quelques mois, dans ma tête j’étais partie. Car oui, je suis à un moment de ma vie où j’ai envie de voir si je veux vivre dans un autre pays tant que je suis libre de le faire ou si je veux déménager ailleurs en France… Et là tout est en suspend.

TH : Quelles sont les trois qualités qui te définissent le mieux selon toi, tes proches et ceux avec qui tu travailles ?

Charly : la plupart des gens me disent que je suis une personne particulièrement solaire et bienveillante. D’ailleurs, la bienveillance me semble essentielle… On a tendance à croire qu’on peut donner son avis à une autre personne mais il s’agit plutôt de la conseiller sur ce qu’il y a de mieux pour elle. Puis c’est à elle, grâce aux outils que je propose en tant que coach, de savoir ce qui lui convient, ce qui n’est pas toujours simple… Et enfin le troisième adjectif qui me caractérise c’est perfectionniste, j’aime arriver au bout des choses, en essayant de les faire bien.

Une aventure avec Sun Chasers vous tente ? Rendez-vous sur leur site internet pour avoir plus d’informations et les contacter si besoin.

Par Isabelle Levame

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