Catégorie : Théâtre

COVID 19 et littérature : Trois pièces de théâtre incroyables lues pendant la quarantaine

Dans beaucoup de pays la quarantaine liée à la crise du COVID 19, a duré près de trois mois, le temps d’une saison… Le printemps est passé à l’été sans crier gare, accompagné d’un déconfinement prudent. D’autres Etats devront encore rester confinés des semaines voire des mois pour enrayer la pandémie. Chaque individu à dû s’adapter à un nouveau mode de vie insolite, extraordinaire pourrait-on même dire : travailler de la maison, se retrouver au chômage parfois, s’occuper des enfants qui ne vont plus à l’école, ne pouvoir sortir hors de chez soi que pour tes tâches bien précises etc…

Puis il a fallu trouver des manières de s’occuper. Chacun(e) s’est mis(e) à regarder plus de séries, de films, à créer des challenges ou des émissions sur Instagram, d’autres ont lancé des initiatives solidaires se sont mis à lire, à faire du sport « maison », à écrire, à peindre ou encore à cuisiner. Moi j’en ai profité entre autres, pour lire trois pièces de théâtre américaines, moi qui connais plutôt le théâtre français, anglais, espagnol ou encore russe. Ces trois (chef d’) oeuvres m’ont marquée pour diverses raisons.

Mort d’un commis voyageur d’Arthur Miller, une pièce de théâtre éternelle

Il s’agit tout d’abord de Mort d’un Commis voyageur, publiée en 1949 par Arthur Miller, un des plus grands dramaturges américains. Cette pièce lui a valu un prix Pulitzer de l’oeuvre théâtrale. C’est une pièce longue (plus de 250 pages) qui tourne autour d’une famille : les parents et leurs deux fils avec quelques personnages satellites. On ne s’ennuie jamais car les dialogues sont forts et remplis de toutes sortes d’émotions : colère, humour, amour, tristesse, mélancolie…

Je ne pense que ce soit un ouvrage qui puisse se lire trop jeune puisqu’il traite de problématiques assez complexe qui touchent l’âge adulte : la crise de la trentaine, les problèmes et désillusions socio-économiques liée à l’American Dream de l’après seconde guerre mondiale, les tourments de deux jeunes hommes à l’aube de leur trentaine.

Le texte fait tout de suite plonger le lecteur dans l’ambiance d’une Amérique en pleine ascension économique, revenue vainqueur de la seconde guerre mondiale et tout lui réussit… En apparence. Mais il y a aussi ceux laissés de côté comme le protagoniste, un homme de soixante ans, père de famille qui a travaillé toute sa vie et sombre peu à peu dans la folie et les questionnements sur sa réussite personnelle/familiale et professionnelle.

Bien qu’âgée de plus de 70 ans, la pièce de théâtre d’Arthur Miller semble on ne peut plus actuelle en ces temps de confinement qui pour beaucoup ont donné lieu à toutes sortes de remise en question. Je recommande cette pièce à n’importe quelle personne qui aime la littérature ! J’ai lu le texte traduit par Raymond Jérôme.

The Sound Inside d’Adam Rapp, une pièce de théâtre mystérieuse et récente

Alors qu’arrive tout juste l’été, The Sound Inside (traduire : l’écho intérieur) de l’auteur américain Adam Rapp (finaliste du prix Pulitzer en 2016 pour Red Light Winter) m’a transportée dans l’hiver glacial du Connecticut où se trouve l’université américaine prestigieuse Yale (une des huit IVY League : avec Penn University, Brown, Columbia, Harvard, Darthmouth, Cornwell et Princeton). Le texte fut publié en 2018.

Cette pièce de théâtre est courte et intense, mystérieuse et limpide comme un matin enneigé encore plongé dans l’obscurité avant l’aube grise. Adam Rapp a choisi de mettre en scène seulement deux personnages : une femme d’une cinquantaine d’années, professeur de littérature à l’université de Yale et Christopher, un de ses élèves. Les dialogues sont d’une intensité rare et on termine la dernière page avec une étrange sensation, le tour est réussi. Jouée au théâtre, ce doit être une oeuvre particulièrement brillante si elle est bien interprétée. Vivement la réouverture de ces salles si vivantes et habitées d’histoires aussi tragiques que comiques et des comédiens/comédiennes heureux de jouer… Il n’existe pas de traduction en français mais elle se lit assez facilement en anglais.

Encore une pièce d’Arthur Miller : Les Sorcières de Salem

Je dois probablement passer pour une inculte mais pour être honnête je ne connaissais pas Arthur Miller avant d’en entendre parler dans le film Molly’s Game d’Aaron Sorkin (si vous ne l’avez vu, à voir ! Il est sur Netflix). Un des personnages du film lit donc Les sorcières de Salem, autre pièce de théâtre majeure d’Arthur Miller, publiée en 1953.

L’auteur y relate l’un des procès les plus importants et complexes des Etats-Unis au XVIIème siècle : 18 personnes sont impliquées dans une affaire de sorcellerie, sujettes à des hallucinations collectives. Le texte ne lésine pas sur les faits, ni les mots ou encore la sexualité mise ne cause… Il s’avère que cette oeuvre d’Arthur Miller est une critique détournée du maccarthysme, cette chasse aux sorcières (aux communistes) aux Etats-Unis au début des années 50 et dont le dramaturge fera lui-même l’objet.

J’ai trouvé cette pièce incroyable et elle m’a tenue en haleine jusqu’au bout grâce à son côté mystique et ses dialogues accrocheurs. La traduction la plus connue à ce jour est celle de Marcel Aymé.

J’aimerais rappeler pour terminer cet article, cette citation de William Shakespeare qui n’a pas d’âge : « Le monde entier est un théâtre, Et tous, hommes et femmes, n’en sont que les acteurs. Et notre vie durant nous jouons plusieurs rôles. »

Par Isabelle Levame

On vous conseille aussi ces sept livres, si vous ne les avez pas lus avant ou pendant le confinement : https://treizhebdo.com/2020/04/02/coronavirus-covid-19-recommandation-sept-livres-pendant-le-confinement/

La théâtre Bankia Principe Pio : une nouvelle salle de spectacle dans une ancienne station de train à Madrid !

La salle de spectacle Gran Teatro Bankia Principe Pio quelques jours avant sa présentation à la presse. Crédit : Pedro Pestrel

Il semblerait que l’Espagne ait une vision de plus en plus vaste de la culture. Après l’inauguration du théâtre Soho Caixabank à Malaga sous la direction d’Antonio Banderas en novembre dernier, c’est à Madrid d’accueillir une nouvelle salle de spectacle de près de 1200 places. Il s’agit du Gran Teatro Bankia Principe Pio venu habiter le grand hall de la station de train du nord « Estación del norte », abandonnée depuis 1993. Luis Álvarez est le directeur du théâtre et instigateur de ce projet colossal qui aura mis six ans à tenir sur pieds… Nous avons pu voir le résultat hier et vous laissons découvrir les photos.

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El Sonido Oculto : la pièce de théâtre mystérieuse d’Adam Rapp, de New York à Madrid

Les deux acteurs del Sonido Oculto Cecilia Suarez et Emilio Palacios Dominguez, le metteur en scène Francisco Franco Alba et le co-producteur Claudio Carrera. Crédit : I.L.

La semaine dernière, nous étions au théâtre Reina Sofia à Madrid pour la présentation de la pièce de théâtre El Sonido Oculto (l’écho intérieur en français), une adaptation en espagnol de The Sound Inside. Il s’agit d’une oeuvre de l’auteur américain Adam Rapp, finaliste du prix Pulitzer pour Red Light Winter. La première d’El Sonido Oculto aura lieu de 20 mars prochain… Nous en avons profité pour interviewer ses protagonistes, actuellement en pleine répétition.

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La ternura ou la tendresse, une pièce de théâtre espagnole qui nous tient en haleine jusqu’au bout !

La reine Esmeralda Elena González avec ses deux filles Rubí et Salmón (interprétée par Natalia Hernández. Crédit : Teatro infante Isabel

Treiz’hebdo est allé voir la Ternura (la tendresse en français), une pièce de théâtre écrite par le dramaturge espagnol Alfredo Sanzol. Pour nous, le pari est relevé. Une île déserte, des femmes habillées en hommes et des hommes effrayés par les femmes...

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Intouchables au théâtre à Madrid, ça donne quoi ?

Crédit : Ados Teatroa/ Pentacion espectaculos

« J’ai adoré » dit un spectateur à la sortie du théâtre aux alentours de 22h dans une rue madrilène, « que d’émotions, c’était incroyable » se réjouit une femme, « j’avais lu Le Second Souffle qui a inspiré Intouchables et je dois avouer que je ne suis pas déçu de ce qu’ils ont fait dans la pièce de théâtre ! » s’enthousiasme un homme. Jusqu’au 24 novembre prochain au théâtre Reina Victoria, en plein centre de Madrid, se joue une adaptation théâtrale du film Intouchables d’Olivier Nakache et Eric Toledano

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