Coronavirus Covid-19 : les initiatives solidaires face à la crise

© Des masques en Nord

Alors que nous entamons la quatrième semaine de confinement, les Français nous ont montré qu’ils étaient capables du pire : non-respect du confinement, vols de masques, insultes du personnel hospitalier… Mais également -et surtout- du meilleur. Depuis une vingtaine de jours, ils sont nombreux à s’être mobilisés, de façon créative. Ils proposent des initiatives solidaires afin d’égayer un peu le quotidien des confinés, des plus démunis, et de ceux qui continuent à aller travailler en risquant leur vie pour rendre la nôtre possible.

Voici pour vous, deux premières initiatives qui nous ont marqués…

Le Garridou

Lorsque la crise du COVID-19 a pris de l’ampleur en France, Clémentine Garrigue, étudiante en chimie de 22 ans et passionnée de couture a voulu aider à pallier la pénurie de masques en en fabriquant elle-même, elle nous raconte : 

« j’ai vu des exemples sur Intagram, Youtube, partout sur les réseaux sociaux, donc je me suis dit que j’allais faire pareil. Sauf que ma maman est anesthésiste réanimateur au CHU de Lille, elle fait partie de la cellule de crise, et elle a demandé au Professeur Odou, de la pharmacie du CHU, de tester mon masque. C’est là qu’on s’est aperçu que c’était une vraie passoire, ça ne filtrait rien du tout. ». Dès lors, Clémentine et le Professeur Odou s’allient pour tester différents types de tissus et créer des prototypes de masques, jusqu’à trouver la combinaison parfaite. 

« On a testé une quinzaine de tissus envoyés par l’entreprise Lemahieu jusqu’à ce qu’on arrive à une composition efficace, dans laquelle on utilise 3 tissus différents, dont un tissu filtrant au milieu » nous déclare-t-elle. Côté logistique, ils peuvent compter sur l’aide de Lemahieu qui prépare les kits, et de l’association Le souffle du Nord qui s’est occupée de la communication et de la mise en place du mouvement en créant le site internet Des masques en Nord et en organisant la gestion des bénévoles. Ainsi, le matériel est livré aux participants sous forme de kits contenant les tissus et les élastiques nécessaires à la fabrication de 50 masques. 

Les couturiers et couturières bénévoles sont parfois professionnels, comme les employés de l’entreprise lilloise Le Colonel, mais la plupart du temps, ce sont des amateurs de couture qui souhaitent utiliser leur temps libre à bon escient. Ghislaine Desmullier, 81 ans, enseignante à la retraite, s’est ainsi lancée dans l’aventure Garridou. « J’ai entendu parler du projet par ma petite-fille, alors j’ai voulu savoir si le masque était efficace, j’ai regardé le site internet et quand j’ai vu que ça en valait la peine, je me suis inscrite comme couturière » se souvient-elle. 

« Le Garridou c’est l’occasion de rendre service tout en s’occupant intelligemment »

Le masque Le Garridou a en effet non seulement été testé, mais est également devenu une marque déposée afin de protéger les gens qui le fabriquent, les soignants qui l’utilisent, et de certifier son efficacité. Pour Ghislaine, Le Garridou c’est l’occasion « de rendre service tout en s’occupant intelligemment ». La couturière bénévole qui a de bonnes bases en couture a mis une heure pour faire son premier masque, « mais maintenant que j’ai compris la technique, je mets 20 minutes, les kits sont vraiment très bien faits ». Une fois ses 50 Garridous cousus, Ghislaine n’aura qu’à appeler l’association qui viendra chercher le carton sur le pas de sa porte et se chargera de le transmettre au CHU de Lille

Ghislaine Desmulliez, couturière bénévole pour Le Garridou

Pour vous aussi participer au mouvement Des masques en Nord, RDV sur le site internet ou sur le compte instagram @legarridou

Si vous êtes vous-même professionnel de la santé et que vous avez besoin de masques, vous pouvez en faire la demande ici  

Hello Ernest

En cette période de confinement, il y a ceux qui se plaignent de devoir rester chez eux, et ceux qui n’ont pas de chez eux et pour qui chaque jour est une nouvelle épreuve à surmonter. Hello Ernest est une association qui compte plus de 200 restaurants partenaires à Paris et Bordeaux. 

En temps normal, ces restaurants majorent de quelques centimes leur addition, des « pour-manger », afin de les reverser tous les mois à Hello Ernest. L’association s’en sert pour créer des paniers solidaires pour les personnes en difficultés, 140 familles en bénéficient ainsi toutes les semaines. Aujourd’hui, alors que les restaurants ont fermé, ils ont fait dons de denrées alimentaires afin de permettre à Ernest de continuer son action. 

Alors, tous les jours, des chefs partenaires et des bénévoles se retrouvent à L’Oratoire, à Paris, pour cuisiner des repas et sandwichs pour les personnes en très grande précarité : sans-abris et jeunes migrants. 

« Bien manger, c’est aussi mieux vivre »

Tous les jours ils délivrent 500 sandwichs et 300 repas complets et équilibrés. Pour Julia Claeys, en service civique chez Hello Ernest, ces repas sains ont une importance capitale « ça a toujours été une priorité de donner du bien manger. Car bien manger, c’est aussi mieux vivre ». 

Préparation des repas à l’Oratoire ©Hello Ernest

Alors comment aider l’association aujourd’hui ? « Nous avons reçu des centaines de candidatures de bénévoles, malheureusement avec les mesures barrières à respecter, on ne peut pas prendre tout le monde. En revanche, nous suivre sur les réseaux sociaux et nous soutenir en partageant les publications, ça nous motive. » Et bien sûr, vous pourrez aider Ernest à la fin du confinement en allant manger dans un de leurs restaurant partenaires.

Site internet : http://hello-ernest.com/fr/ernest/

Instagram : @HelloErnest

Florine Van Wambeke

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