8M ou la journée internationale et solidaire de la femme en Espagne

« Nous ne luttons pas contre les hommes mais contre le machisme » peut-on lire parmi les messages inscrits sur les banderoles. Florine Van Wambeke nous raconte en photos et avec ses mots la Marche pour les femmes à Madrid du 8 mars 2020, qu’elle a suivie du début à la fin.

En plus des nombreuses activités proposées par les différentes associations féministes tout au long du week-end, la traditionnelle marche pour les droits des femmes a démarré dimanche à 17h de la gare d’Atocha, principale gare ferroviaire de la capitale espagnole.

Le cortège, composé de dizaines de milliers de femmes, mais également d’hommes et de familles ainsi que des enfants est passé par le Palais de Cibeles (qui abrite la mairie de Madrid) avant de remonter l’avenue Gran Via pour arriver à son étape finale, la Plaza de España.

M8 : quand le Coronavirus inspire les slogans

Crédit : FVW

Actualité oblige, en plein dans la tourmente du coronavirus COVID-19, l’un des slogans les plus repris était « Non au Patriarcat virus ! ». On pouvait également voir un grand nombre de personnes avec des masques et des pancartes « Le patriarcat tue beaucoup plus que le coronavirus ».

Si la pandémie du Covid-19 n’a pas empêché les madrilènes d’aller manifester pour l’égalité femmes-hommes, elle aura tout de même fait chuter de 65% le nombre de participants entre 2019 et 2020, passant de 350 000 à 120 000 manifestants.

L’affiche de l’instagrameuse @martajim__ nous a interpelée, on pouvait y lire :

« Si je dois être contaminée par le Coronavirus, que ça soit en luttant avec vous ».


Crédit : FVW

Elle nous a confié pendant la manifestation : « J’ai cherché des slogans la veille en repensant à l’actualité de l’année sans en trouver un convaincant. Finalement le jour J cette phrase m’est venue et elle était parfaite. Nous vivons une pandémie qu’il ne faut pas prendre à la légère, mais le patriarcat existe depuis que le monde existe et a tué beaucoup plus de personnes que le virus sans que jamais cela ne soulève une telle mobilisation sociale et institutionnelle ».

Comme beaucoup d’autres personnes ce jour-là, Marta a préféré prendre le risque d’être contaminée, plutôt que de se taire. Dans la foule, il y avait également Alejandra, 6 ans, que sa tante avait emmenée pour lui enseigner que les droits qu’elle a aujourd’hui ont été obtenus « après des années de lutte » et que « sa grand-mère ne pouvait pas faire tout ce qu’elle a le droit de faire aujourd’hui ».

En Espagne un mouvement féministe en marche depuis 1997

Le 8 mars est depuis des années en Espagne, un événement immanquable pour les citoyens. En effet, les problèmes de violences machistes sont très pris au sérieux depuis plus de 20 ans, soit bien plus longtemps qu’en France, après le destin tragique d’Ana Orentes.

En 1997, la femme de 60 ans est brûlée vive par son ex-mari après avoir témoigné à visage découvert sur les violences conjugales qu’il lui faisait subir depuis plus de 40 ans et ses appels au secours restés vains. Le mouvement pris une grande ampleur également en 2017 après le viol collectif d’une jeune femme espagnole de 18 ans créant le slogan marquant : « Yo sí te creo ».

« Ecoutez-nous, respectez-nous, cessez de nous regarder faire, et aidez-nous » : le message des femmes aux hommes

Alors, lorsque nous avons demandé à Delphine, Aurélie, Aya, Anna et Romane, un groupe de manifestantes françaises, pourquoi il leur était important d’être présentes en ce jour, elles nous ont répondu :

« les violences machistes et les féminicides sont en Espagne plus reconnus qu’en France, mais que nous sommes toutes victimes. On lutte contre une oppression systémique qui est constante, violente et qui existe depuis longtemps ».

Crédit : FVW

Elles étaient en revanche ravies de voir autant d’hommes dans le cortège et voudraient dire à tous ceux qui n’étaient pas présents : « écoutez-nous, respectez-nous, cessez de nous regarder faire, et aidez-nous ».

Crédit : FVW

Si la lutte contre les inégalités de genre est aujourd’hui beaucoup plus médiatisée, elle reste un combat de tous les jours qui concerne aussi bien les femmes que les hommes.

Par Florine Van Wambeke

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