Il était une fois une sirène… à Paris

Rencontre avec une jeune femme pas comme les autres. Etudiante le matin, Claire se métamorphose en sirène pour plonger dans les eaux de l’Aquarium de Paris tous les après-midi. Un rêve de petite fille qu’elle a su réaliser avec le soutien de ses proches. Elle apparaîtra dans le film du chanteur, réalisateur et écrivain Mathias Malzieu Une Sirène à Paris adapté de son roman publié en 2019 aux éditions Albin Michel, le 20 mars 2020 au cinéma. Et dans une vidéo, Claire raconte comment elle a rejoint cette aventure fantastique.

Claire Baudet raconte comment elle s’est retrouvée dans le film Une sirène à Paris de Mathias Malzieu

Dans une vidéo Youtube, Claire la sirène française ou Claire Baudet explique la coïncidence qui lui a permis de rencontrer Mathias Malzieu et de jouer pour la première fois dans un long métrage, Une sirène à Paris :

Toute une préparation pour devenir sirène

Elle s’appelle Claire Baudet, sa longue chevelure blonde la rend tout de suite lumineuse. Souriante à son arrivée, habillée d’un manteau noir et d’une paire de bottes, rien ne laisse imaginer ce qu’elle va faire dans quelques minutes à l’Aquarium de Paris. Dans sa loge, elle se prépare tranquillement. Celle-ci dispose d’une douche, de toilettes et d’un lavabo avec un miroir pour se maquiller.

Le maquillage est la partie la plus délicate

Claire se confie :

Je suis obligée d’en mettre une couche car dans l’eau je suis vraiment toute pâle. Il y a aussi un épais mur de verre qui sépare l’Aquarium du reste de la salle, les reliefs du maquillage s’estompent avec les reflets de la vitre et l’eau filtre les couleurs.

Il est vrai que la sirène applique une sacrée dose de fard rose sur les paupières, puis de blush sur les joues et enfin un trait épais de rouge à lèvre. Tout est waterproof et la couleur choisie en fonction de son costume de sirène.

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© Isabelle Levame

Un quart d’heure plus tard, la voilà en leggings de plongée noir et haut de maillot de bain en forme de coquillages. Arrive la partie finale de l’apparat, la queue de sirène.

Des queues de sirène, Claire en a plusieurs, qu’elle fabrique elle-même. En silicone ou en latex, la fabrication peut durer plusieurs mois selon la complexité du moulage, des détails et le temps de séchage après démoulage de la matière.

Aujourd’hui, celle qu’elle utilise aujourd’hui est en latex (8 Kg), moins lourde qu’une en silicone– 13 Kg – mais plus fragile.

La semaine précédente, il est arrivé un incident un peu particulier, la fermeture éclair qui relie les deux parties de la queue en écailles s’est cassée juste avant sa plongée. Faute de pouvoir la réparer sur place, il a fallu qu’elle aille en chercher une autre chez elle.

Le moment de la plongée

Avant d’enfiler le lourd costume, Claire rajoute trois kilos de poids supplémentaires sur chacune de ses cuisses qu’elle fixe à l’aide d’une ceinture.

Cela me permet de faire moins de mouvements une fois en apnée et donc de rester plus longtemps en profondeur, explique t-elle.

La biologiste commence à se mettre en place afin de surveiller les étapes de Claire sous l’eau et intervenir rapidement si jamais il y a une urgence. Le responsable de la sono est également présent, il va coordonner la plongée de Claire avec la musique et l’histoire qui sera retransmise aux spectateurs.

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© Axel Roumy

En bas, dans la grande salle, une foule d’enfants et de parents joyeux attend le spectacle. Ce sont les vacances, les familles en profitent pour se dépayser. Le gigantesque aquarium donne l’impression d’être devant un écran de cinéma.

« 1 minute » prévient la biologiste avant le grand saut. Claire s’habitue à la température de l’eau – 26 degrés – et s’exerce à quelques derniers exercices de respiration. Appuyée contre le rebord du bassin elle apparaît concentrée mais détendue, presque relaxée.

5, 4, 3, 2, 1… D’un coup de nageoire dense, la jeune femme se propulse vers le fond du bassin.

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© Axel Roumy

De notre côté, nous avons relevé un panneau de mise en garde contre la raie de l’aquarium. En effet, nous l’avons aperçue nageant à la surface lorsque Claire s’échauffait. Celle-ci est dotée d’un dard venimeux pour son ennemi lorsqu’elle se sent en danger. Mais la sirène n’en a pas peur.

Il faut vraiment qu’elle soit en panique pour venir m’électrocuter, elle ne m’a jamais fait de mal. 

Nous descendons dans la grande salle, la scène est spectaculaire et les enfants se collent à la vitre pour dire bonjour à la créature marine.

La sirène demeure une minute sous l’eau, et réalise des figures gracieuses. Elle remonte ensuite à la surface pour reprendre de l’air, elle n’a que vingt secondes de récupération entre chaque plongée.

La surface du bassin donne l’impression d’être face à l’océan, il y a même des poissons qui nagent à l’intérieur.

Au début ils avaient peur, ils se regroupaient d’un côté de l’aquarium, loin de moi. Puis, ils se sont habitués à ma présence. Maintenant ils sont autour, je ne suis plus une étrangère.

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Pour réaliser ses figures en apnée, Claire a eu besoin de s’entraîner avec des professionnels et a passé son niveau 2 de plongée – © Axel Roumy

Vingt minutes plus tard, le public est conquis. Un dernier signe de la main et Claire s’en va retrouver le monde des humains.

Une grand-mère, originaire de Paris ne cache pas son enthousiasme, c’est la première fois qu’elle vient avec sa petite fille :

C’est un régal pour les petits et les grands, à voir et revoir sans modération.

Sirène et étudiante 

Mais Claire n’est pas seulement Sirène, elle est étudiante aussi. En dernière année de doctorat à l’université, elle réalise sa thèse sur sa passion de toujours : les mythes, symboles et archétypes dans les productions Disney.

Tout s’est imbriqué. Cela a commencé lorsque j’ai proposé ce type de prestations il y a quatre ans. Cela n’existait ni en France ni en Europe. Alors je me suis lancée dans l’aventure, à travers mes études et ces prestations.

Son petit ami, qui fait parfois le triton avec elle lors de représentations, l’a toujours soutenue.

Sa famille, réticente au début, l’a finalement soutenue voyant sa crédibilité grandir à vue d’oeil. Le conte de fée commence à peine pour la jeune femme et promet plein d’autres surprises pour les petits et les grands enfants.


Remerciements particuliers à l’Aquarium de Paris qui nous a apporté tout le confort nécessaire pour réaliser ce reportage et Axel Roumy pour ses photos.

L’Aquarium de Paris, situé dans le 16ème arrondissement, est ouvert tous les jours de 10h à 19h.

Vous pouvez également suivre les aventures de Claire la sirène sur sa page Facebook.

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