Pedro Almodóvar, roi des Goya 2020 avec Dolor y Gloria

Hier soir de 22h à 1h30 du matin se tenait la cérémonie espagnole des Goya, équivalente aux Césars français (qui d’ailleurs auront lieu le 28 février prochain à Paris). Pour la première fois, cette soirée dédiée au cinéma fut organisée à Malaga, ville de bord de mer située au sud de l’Espagne. Bilan : Dolor y Gloria de Pedro Almodóvar repart avec…

sept statuettes, Mientras Dure la guerra d’Alejandro Amenábar cinq, la Trinchera Infinita deux et deux également pour Lo que arde du réalisateur franco-espagnol Oliver Laxe. On vous fait un résumé rapide…

Une cérémonie des Goya 2020 intense et à 360 dégrés

La soirée aura duré près de 4h, ponctuée par les interventions des humoristes Silvia Abril et Andreu Buenafuente, de performances artistiques (chants et danses) mais aussi d’hommages : Pablo Alborán a chanté pour les personnalités ayant quitté le monde du cinéma en 2019 et un Goya d’honneur a été remis à l’actrice, enfant prodige espagnole Marisol (de son vrai nom Pepa Flore et joua à la même époque que Brigitte Bardot dans de nombreuses comédies musicales).

Ce fut d’ailleurs un véritable moment d’émotion lorsque les trois filles de la comédienne Pepa Flores, qui s’est retirée discrètement de la scène et du champ médiatiques pour mener une vie plus tranquille en 1985, ont récupéré la statuette pour elle… Sous les yeux du premier ministre socialiste Pedro Sánchez et des nombreuses personnalités présentes : Antonio Banderas, Penelope Cruz, Pedro Almodóvar, le footballeur Carlos Puyol, Antonio de la Torre, l’actrice Marta Nieto, protagoniste du film Madre ainsi que son petit ami et réalisateur du film Rodrigo Sorogoyen

Pour la première fois, la RTVE (Radio télévision espagnole), partenaire des Goya et l’Académie des arts et des sciences du cinéma d’Espagne avaient mis en place un dispositif d’enregistrement 4K doté de quatre caméras, captant en simultané les quatre recoins de la salle. La technologie disponible sur Youtube et en téléchargeant l’application RTVE VR 360 (sur iOS et Android) a permis aux spectateurs n’étant pas présents à la cérémonie de profiter d’une expérience à 360 degrés.

Dolor y Gloria remporte les prix les plus prestigieux des Goya

Avec sept Goya (sur 16 nominations initialement) et pas des moindres, Dolor y Gloria de Pedro Almodóvar ressort gagnant de cette remise des prix. Ainsi, Antonio Banderas a remporté le Goya du meilleur acteur, le film a reçu également le prix du meilleur film, devant Mientras Dure la Guerra, celui du meilleur scénario et meilleur musique originale. Penelope Cruz très attendue ne sera finalement pas récompensée pour son rôle. En effet, Belén Cuesta a décroché le Goya de la meilleure actrice pour son personnage dans la Trinchera Infinita (deux Goya) des trois réalisateurs : Jon Garaño, Aitor Arregi et Jose Mari Goenaga.

Un couronnement pour ce long métrage racontant le retour sur la vie d’un réalisateur de cinéma espagnol homosexuel souffrant de mélancolie et de multiples douleurs physiques. A noter que le film va poursuivre son parcours de récompenses puisqu’il est nommé deux fois aux Oscars : comme meilleur film en langue étrangère et Antonio Banderas pour meilleur acteur.

Mientras dure la guerra repart avec cinq Goya

Le film du réalisateur hispano-chilien préféré d’Espagne, Alejandro Amenábar, Mientras dure la guerra, aclamé par la critique et nommé pour seize Goya ne repart qu’avec cinq prix, techniques : celui de la meilleure direction artistique, meilleure production, meilleur second rôle pour Eduardo Fernandez, meilleurs maquillage et coiffure et enfin meilleurs costumes. Le long métrage, traduit par « Lettre à Franco » en français revient sur la guerre civile d’Espagne qui mena le dictateur Francisco Franco au pouvoir (jusqu’à sa mort en 1975) à travers les yeux de l’écrivain prolifique espagnol Miguel de Unamuno.

Meilleure actrice révélation pour Benedicta Sánchez, protagoniste de Lo Que Arde/ Viendra le feu

Agée de 87 ans, Benedicta Sánchez femme vive aux longs cheveux gris est venue chercher son Goya, fièrement pour son interprétation dans Lo que arde d’Oliver Laxe (prix un certain regard au festival de Cannes 2019). Devant les spectateurs ébahis face à l’humilité et la simplicité de cette nouvelle actrice espagnole, Benedicta Sánchez, raconte que c’est sa fille qui lui a donné l’idée de se présenter au casting…

Elle ne s’attendait pas à être prise, elle ne s’attendait à rien du tout en fait. Elle est donc très heureuse d’avoir fait partie du film et de cette équipe dirigée par Oliver Laxe, originaire comme elle de Galice, communauté montagneuse du nord de l’Espagne qui a servi de décors au film. Parsemé d’images de la nature, spectaculaires de beauté, Lo que arde a d’ailleurs également remporté le Goya de la meilleure photographie.

La cérémonie s’est ensuite terminée tard dans la nuit sur les pas dansants d’Antonio Banderas et de la troupe de la comédie musicale (originaire de Broadway) qu’il dirige en ce moment, A Chorus Line, qui était à l’affiche du théâtre Soho à Malaga jusqu’à mi-janvier. Ce théâtre a ouvert ses portes il y a quelques mois à l’initiative de l’acteur espagnol, originaire de la ville qui l’abrite.

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