Le chanteur cubain Antonio Machín revit lors d’un concert intimiste à Madrid

Hier soir, le théâtre Amaya situé au coeur de la capitale madrilène accueillait un chanteur talentueux, Johnny Vergara né à Cuba…

Lors de cette soirée spéciale, l’artiste a repris pendant une heure et demi toute une série de titres à succès du légendaire interprète cubain Antonio Machín, mort à Madrid en 1977 : Angelitos negros, dos gardenias, Corazón loco… Il s’agissait de boleros et de musiques romantiques accompagnées d’un pianiste et de maracas. Johnny Vergara, au look soigné et élégant, coiffé de dreadlocks, a bien voulu répondre à nos questions :

Comment t’es-tu retrouvé dans ce projet Toda una Vida de Antonio Machín ?

La société de production m’a contacté en me demandant si j’étais intéressé et j’ai dit oui tout de suite. Ce projet était en route depuis longtemps, il a fallu du temps pour se procurer des archives (photos) de la vie d’Antonio Machín via la Television Española (TVE) puisque cela fait plus de 40 ans qu’il nous a quitté. Nous avons ensuite sélectionné avec beaucoup de soin les chansons que j’allais interpréter, des tubes mais aussi des airs un peu moins populaires….

Crédit : I.L

Lorsque tu reprends les chansons d’Antonio Machín (qu’il interprétait puisqu’il ne les écrivait pas lui-même), tu essayes d’y mettre ton propre style ?

Oui, j’ai chanté ses chansons en ajoutant un style plus personnel, plus moderne. Je suis un artiste à part entière et je crois qu’imiter en l’occurence n’était pas ce qu’il fallait faire…

Y a-il des similitudes entre ta vie et celle d’Antonio Machín ?

Cela peut paraître surprenant car j’ai su qui était Antonio Machín seulement quand je suis venu vivre à Madrid et non lors de mon enfance à Cuba. J’étais jeune lorsque je vivais sur l’île et Machín n’était pas aussi connu là-bas comme il l’a été dans le reste du monde : en particulier aux Etats-Unis et en Europe.

C’est donc en étudiant sa biographie que j’ai réalisé que nous avions des points communs : cet amour de la musique romantique, des boleros mais aussi de notre vie. Né en 1903, le chanteur cubain est parti s’installer à New York en 1930 puis en Espagne en 1939, juste après la Guerre civile et n’est revenu à Cuba que 28 ans plus tard, en 1958 (pour y passer quelques temps non pour s’y installer de nouveau). Moi je suis sorti de Cuba en 1998 et je n’y ai pas remis les pieds pour l’instant. Antonio Machín vient d’une famille nombreuse, avec 15 frères et soeurs. Moi aussi, j’ai douze frères et soeurs, je suis le treizième…

A noter qu’Antonio Machín est le premier artiste noir à avoir chanté au Casino Nacional de La Havane, un lieu normalement réservé à la bourgeoisie blanche.

Le spectacle Toda una vida va se produire dans plusieurs villes d’Espagne, quelle est la prochaine étape ?

La prochain spectacle de Toda Una Vida aura lieu à Séville. C’est dans cette ville qu’Antonio Machín s’est marié et a donné son dernier concert des années plus tard, le 7 juin 1977. Il y est enterré, la mairie de Séville a d’ailleurs inauguré une statue à son efigie en 2006, sur la place Carmen Benítez. Ensuite il est prévu d’aller à la Coruña en Galice, dans le Nord-Ouest de l’Espagne. Une région dans laquelle le chanteur légendaire avait des racines puisque son père était un émigré galicien…. Les îles Canaries sont aussi au programme.

Merci à Bryant Park Comunicación, producteur de l’événement, pour son soutien afin d’organiser cette interview.

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