L’importance des zones humides

Les zones humides sont vitales pour la survie de l’humanité. Elles sont parmi les milieux les plus productifs de la planète; berceaux de la diversité biologique, elles fournissent l’eau et la productivité dont des espèces innombrables de plantes et d’animaux dépendent pour leur survie.

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Une zone humide c’est quoi?

Dans les milieux humides, l’eau est le facteur déterminant tant pour le fonctionnement de ces zones naturelles que pour la vie animale et végétale. La submersion des terres, la salinité de l’eau (douce, saumâtre ou salée) et la composition en matières nutritives de ces territoires subissent des fluctuations journalières, saisonnières ou annuelles. Ces variations dépendent à la fois des conditions climatiques, de la localisation de la zone au sein du bassin hydrographique et du contexte géomorphologique.

Ces fluctuations sont à l’origine de la formation de sols particuliers ainsi que d’une végétation et d’une faune spécifiques. L’abondance des algues, de poissons, d’oiseaux d’eau, et d’autres espèces sauvages, peut ainsi varier dans un même milieu selon la période de l’année.

Leur origine – naturelle ou anthropique – et leur dominance douce ou salée permettent de les distinguer en trois catégories : milieux humides continentaux, milieux humides marins et côtiers et milieux humides artificiels.

Diversités des milieux humides: capital inestimable

Les milieux humides représentent 6% des terres émergées et figurent parmi les écosystèmes les plus riches et les plus diversifiés de notre planète. D’origine naturelle ou anthropique, ils sont présents sous toutes les latitudes. Au fil du temps, selon le climat et la nature géologique de la région, les milieux humides se sont formés et développés différemment.
Par sa présence dans de nombreuses régions du monde, la France renferme une richesse de milieux humides des plus variées.

Les milieux humides abritent d’innombrables espèces de plantes et d’animaux : 50% des espèces d’oiseaux en dépendent ; ils sont indispensables à la reproduction des batraciens et la plupart des espèces de poissons ; 30% des espèces végétales remarquables et menacées en France y sont inféodées. Enfin, ils fournissent des biens précieux à l’homme : de l’eau et des produits alimentaires.

Les milieux humides d’Outre-mer jouent un rôle essentiel dans la protection des littoraux, produisent à travers la pêche une ressource alimentaire pour plus d’un million de personnes et contribuent au développement touristique. Les services écosystémiques rendus par les zones humides sont très importants. À titre d’exemple d’évaluation financière, pour la France, selon un rapport du CGDD de 2010, si 20 000 ha de zones humides disparaissaient en France, les pertes de fonctions et bénéfices seraient de 18,1 à 62,6 M€/an soit, de 405 et 1 400 M€ en actualisant sur 50 ans. Leur gestion durable est une nécessité pour les populations riveraines.

La Convention de Ramsar et sa mission

Les zones humides sont indispensables pour les avantages infinis ou « services écosystémiques » qu’elles procurent à l’humanité, de l’apport d’eau douce à l’alimentation et aux matériaux de construction en passant par la biodiversité, la maîtrise des crues, la recharge des nappes souterraines et l’atténuation des changements climatiques.

Cependant, les unes après les autres, les études démontrent que, dans la plupart des régions du monde, les zones humides subissent un déclin continu dans leur superficie et leur qualité. En conséquence, les services écosystémiques qu’elles apportent aux populations sont compromis.

Gérer les zones humides est un enjeu mondial et la Convention compte actuellement plus de 160 pays parmi ses Parties contractantes, qui reconnaissent la valeur d’un traité international unique, consacré à un seul écosystème. En établissant des normes internationales pour la conservation des zones humides et en faisant office de forum pour la discussion de questions mondiales relatives aux zones humides, la Convention permet aux Parties contractantes d’échanger des informations sur les zones humides et de résoudre ensemble certains problèmes.

La Convention a adopté une définition large des zones humides. Celle-ci comprend tous les lacs et rivières, les aquifères souterrains, les marécages et marais, les prairies humides, les tourbières, les oasis, les estuaires, les deltas et les étendues intertidales, les mangroves et autres zones côtières, les récifs coralliens et tous les sites artificiels tels que les bassins de pisciculture, les rizières, les réservoirs et les marais salants.

Un patrimoine en danger

De tout temps, les zones humides ont attiré les populations : la majeure partie de l’humanité vit encore près des côtes ou des fleuves et l’eau est omniprésente dans les traditions culturelles et sociales. Du fait de leur productivité considérable, elles ont longtemps été considérées comme des ressources intarissables et également souvent comme des zones insalubres et pestilentielles. Deux raison qui ont servi de prétexte à leur destruction continue. Assèchements à grande échelle, curage, drainage, pollution, industrialisation, remblaiement et urbanisation n’ont cessé de réduire la superficie des zones humides. Les zones humides ne couvraient plus qu’environ 1,6 million d’hectares, soit moins de 3 % du territoire et leur régression se poursuit au rythme d’environ 10 000 hectares par an.

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L’utilisation rationnelle des zones humides

La Convention définit l’utilisation rationnelle des zones humides comme « le maintien de leurs caractéristiques écologiques obtenu par la mise en œuvre d’approches par écosystème dans le contexte du développement durable. » C’est donc la conservation et l’utilisation durable des zones humides et de tous les services qu’elles fournissent, au bénéfice des êtres humains et de la nature. Les Parties contractantes s’engagent à œuvrer pour l’utilisation rationnelle de toutes les zones humides et des ressources d’eau se trouvant sur leur territoire en adoptant des politiques, des lois et des plans nationaux, des mesures de gestion et en assurant l’éducation du public.

Francesca Furnò
 
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